

Professeur de minéralogie à l'Université Laval, Thomas Feininger en a assez de ce qu'il qualifie d'hystérie envers l'amiante chrysotile, un minerai qu'il considère comme un "don de Dieu" pour plusieurs pays du tiers-monde, même si de nombreux gouvernements l'ont interdit ces dernières décennies.
"J'ai travaillé 13 ans en Colombie et en Équateur et l'amiante-ciment utilisé pour fabriquer les toits des résidences et des tuyaux qui servent à transporter l'eau a été fondamental pour le développement de ces pays. Sans l'amiante-ciment, ils auraient plus d'une décennie de retard sur leur développement actuel" explique M. Feininger vantant la durabilité du matériau.
Le scientifique se range d'ailleurs derrière le premier ministre Jean Charest, qui a récemment refusé de mettre fin aux exportations d'amiante du Québec vers les pays du tiers-monde, affirmant que le débat sur les risques d'utilisation du chrysotile était une chose du passé. " Il y a très peu de dossiers sur lesquels j'appuie M. Charest, mais je trouve qu'il a été habile en refusant les demandes de ceux qui réclamaient la fin des exportations d'amiante sous prétexte que le produit est dangereux. En suivant cette logique, il aurait fallu cesser aussi les exportations de pétrole! Et la fibre de chrysotile est moins dangereuse que les fibres de remplacement, car elle reste moins longtemps dans les poumons" explique-t-il. M. Feininger estime que le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, s'est mis les pieds dans les plats en s'opposant aux exportations de chrysotile. "C'est de l'ignorance. Les politiciens sont rarement des experts en science et se basent souvent sur la perception de la population", déclare-t-il, attribuant les nombreux décès liés à l'amiante à des usages qui n'ont plus cours aujourd'hui.
ESPOIR
Le professeur fonde d'ailleurs beaucoup d'espoir dans une conférence intitulée, Asbestos 1 : Past, Present and Future qui se déroulera le 14 mars à Baltimore à l'initiative de la professeure H. Catherine W. Skinner du département de géologie et de géophysique de l'Université Yale. "Les conférences du genre, où il y a des discussions ouvertes sur l'amiante et où les participants sont neutres, sont très rares aux Etats-Unis. Un recueil devrait paraître par la suite et apporter un éclairage nouveau sur ce minéral qui suscite énormément de confusion chez ceux qui ne sont pas des minéralogistes", conclut-il.
Article du journal : Le Soleil, dimanche le 28 février 2010
Par Ian Buissières - ibussieres@lesoleil.com