

Le chrysotile est une fibre industrielle parmi les moins dangereuses. Peu énergivore à produire, elle pourrait contribuer au Québec et au Canada à rencontrer les objectifs du protocole de Kyoto sur l'émission des gaz à effets de serre (G. E. S.). Correctement utilisées dans des matrices appropriés, les fibres de chrysotile pourraient contribuer à l'élaboration de produits de grande durabilité.
Depuis 1987, le ministère des Transports du Québec (MTQ) a utilisé plus de 1 000 000 tonnes d'enrobés bitumineux à base de chrysotile sur certaines routes du Québec. Les ingénieurs du ministère des Transports ont démontré qu'il est possible d'installer et d'utiliser de façon sécuritaire un tel produit et que sa durabilité est près du double d'un pavage conventionnel et ce, pour un coût additionnel de 10 à 15 % pour l'installation. Deux études indépendantes de scarification des pavages à base de chrysotile ont démontré que les normes d'exposition des travailleurs sont respectées et ce, dans les pires conditions de planage.
Compte tenu de l'état des routes du Québec et de la nécessité de réduire les coûts d'entretien, nous sommes d'avis qu'il est urgent que le ministère des Transports et les municipalités du Québec utilisent massivement l'asphalte chrysotile comme couche de revêtement de ses routes et rues à grande circulation. En plus des coûts réduits d'entretien, il en résultera une baisse de la consommation d'énergie pour les travaux de réfection des routes et une réduction des risques d'accidents pour les usagers des routes et des travailleurs de la voirie.
Ce composite utilisé depuis près d'un siècle partout dans le monde dans les conduites d'eau potable, les conduites d'assainissement, les plaques murales, tuiles, bardeaux de toiture, etc.. continue de rendre des services inestimables à l'humanité.
Ce matériau durable ne brûle pas, ne rouille pas, ne pourrit pas et ne requiert pas ou très peu d'entretien. À titre d'exemple, les bardeaux de toiture en asphalte sur nos résidences ont une durée de 15 à 20 ans.Par comparaison, des tuiles de chryso-ciment peuvent durer de 50 à 100 ans et leur contenu énergétique, par mètre carré de toiture, est moins que la moitié. Sur un cycle de 100 ans, la consommation d'énergie du chryso-ciment pour toiture sera donc de 6 à 10 fois moindre sans compter l'économie des matériaux et la réduction des rebuts à éliminer dans les sites d'enfouissement.
Il en est de même pour les conduites de chryso-ciment utilisées dans les infrastructures publiques ou les drains pluviaux d'édifices. Ignifuges, hautement durables, elle auraient avantage à être mieux connues et utilisées.
La principale contrainte à l'utilisation du chryso-ciment est de nature réglementaire. La CSST et la santé publique devront surmonter leurs préjugés et assouplir la réglementation pour favoriser l'installation de tels produits. Il faudra donc un certain arbitrage politique pour concilier les objectifs du développement durable et la réglementation inéquitable et outrancière à l'endroit du chrysotile, notamment dans les secteurs de la construction et de la transformation industrielle.