

1. Le chrysotile tout comme la silice, le mica, la calcite, l'ardoise et des centaines de minéraux et roches est une substance naturelle présente dans la croûte terrestre de tous les continents. Le chrysotile comme tel n'est pas une menace à l'environnement puisqu'il en fait partie. L'usage contrôlé et responsable du chrysotile et des produits non friables qui en contiennent est possible et souhaitable pour l'environnement.

2. Peu énergivore à produire le chrysotile peut être utilisé localement en faisant appel à des technologies simples, accessibles et peu coûteuses, un avantage majeur pour les pays en émergence. Le procédé de fabrication du chryso-ciment (90% des usages du chrysotile) utilise de l'eau qui prévient l'émission de fibres dans l'atmosphère. De plus, l'eau du procédé est recyclée à 100%. En fabrication, les pièces brisées et rejetées peuvent être recyclées immédiatement.
Le transport du chrysotile n'a pas d'impact négatif sur l'environnement. Les fibres ensachées à l'usine dans des sacs étanches qui sont empilés sur palettes de bois et manipulés par chariots élévateurs. Les unités de sacs sont enrobées de bandes de film de polyéthylène extensible avant leur chargement dans des conteneurs qui seront chargés à bord de navires : aucune manipulation des sacs avant leur réception par le client donc pas de dégagement de fibre durant leur transport. À la fin de leur vie utile qui est très longue (plus de 100 ans pour les conduites d'eau en chryso-ciment) les produits peuvent être enfouis dans des sites dédiés sans impact pour l'environnement pour la santé humaine.
3. Séquestration du CO2
Les résidus miniers accumulés lors de l'extraction du chrysotile ont un impact positif sur l'environnement. L'équipe du Dr. Goerges Beaudoin de l'Université Laval à Québec a découvert que la serpentine réagissait lentement à l'air libre et captait le CO2 de l'atmosphère et se transformait en hydromagnésite. Une couche consolidée d'environ un mètre d'épaisseur se forme à la surface des haldes de résidus. Les chercheurs ont estimé qu'environ 1,7 million de tonnes de CO2 de l'atmosphère ont été séquestrés par les résidus de serpentine au Québec seulement.
Des chercheurs du Canada et des Etats-Unis ont eu l'idée de vérifier le potentiel de la serpentine broyée comme capteur de CO2 émis par des centrales thermiques au charbon, au mazout ou au gaz naturel. Compte tenu de la disponibilité de zones minéralogiques gigantesques sur la côte ouest américaine et dans les Appalaches au nord-est des Etats-Unis et du Canada, de même que ces forts tonnages disponibles de résidus du serpentine du Québec et du Vermont, il existe un potentiel intéressant pour le captage du CO2.
L'entrée en vigueur récente du protocole de Kyoto ouvre donc une fenêtre intéressante à cette application sur notre territoire dans le sud du Québec et en Nouvelle-Angleterre.