

Des études menées par Michel Camus de Santé Canada sur la santé des femmes vivant dans les villes minières du Québec où le chrysotile a été extrait des mines depuis plusieurs décennies lui ont permis de tirer des conclusions surprenantes pour certains.
Le taux d'incidence du cancer pulmonaire chez les femmes résidentes des villes d'Asbestos, de Thetford Mines et de Black Lake n'est pas plus élevé que le taux d'incidence chez les femmes vivant dans les 65 villes témoins du Québec. Ces observations viennent déboulonner le mythe "qu'une seule fibre d'amiante pouvait tuer!" De plus le modèle de risque établi par l'E.P.A. (agence américaine de l'environnement) surestime par un facteur de 10. Le risque pour la santé relié à l'exposition aux poussières d'amiante.
Réf.: Camus, M., Siemialycki, J., Meek, B. "Nonoccupational exposure to chrysotile asbestos and the risk of lung cancer" New England Journal of Medecine, 338: 1565-1571, 1998.
Dans un autre rapport publié en 1997, sous le titre "Le risque d'évaluer les risques associés à de faibles niveaux d'amiante" (travail et santé, vol 13, no 1, pages 5-16-17), Michel Camus affirme que : "...on doit comparer les risques connus de l'amiante à ceux des produits substituts et estimer si le rapport de ces risques est "significativement" élevé pour décider d'enlever l'amiante".
En d'autres termes, les bénéfices hypothétiques de l'enlèvement de l'amiante pour les utilisateurs ou occupants des édifices dépassent-ils d'une manière significative les coûts exorbitants qui seront encourus?
En conclusion : La recherche du risque "zéro" quoique louable est irréaliste et peut devenir dangereuse.
L'incidence des maladies pulmonaires des travailleurs miniers a été réduite à des niveaux très faibles.
Aujourd'hui, les risques de développer l'amiantose ou d'autres maladies pulmonaires dans les mines de chrysotile sont extrêmement faibles compte tenu des concentrations très basses de fibres aéroportées dans les milieux de travail.
Une étude de l'équipe du Dr. J. C. McDonald publiée en 1997 en Angleterre sur une cohorte de 11 000 mineurs des mines de chrysotile du Québec vient appuyer cet argument.
Les auteurs concluent que sous le seuil d'exposition cumulative aux poussières de chrysotile de 800 fibres/ml x années (ex : 40 ans @ 20 fibres/ml), il n'y a pas de relation détectable entre les niveaux d'empoussiérage et les taux de mortalité normalisés (standardized mortality ratio/S. M. R.) pour toutes causes de décès incluant les cancers.
"The significance of this study is that we were unable to detect any excess lung cancers in these workers attributable to their work at exposure levels below about 50 f/cc. The public should be aware that at current occupational exposure levels, any deaths from asbestosis or lung cancer are most unlikely."
Réf. : LIDDELL, F.D.K., McDonald, A.D., and McDONALD, J.C. (1997), The 1891-1920 birth cohort of Quebec chrysotile miners and millers : development from 1904 and mortality to 1992, Ann. Occup. Hyg. 41: 13-35.